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Indemnisation incendie Gironde : vos droits face à l’assureur

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Sommaire

Indemnisation incendie Gironde : après un incendie, comme les feux de forêts de 2026, il est fréquent que les victimes soient confrontées à un refus de garantie de leur assureur, les obligeant à faire appel à un avocat en droit immobilier. Offre de l’assureur inférieure de moitié au préjudice réel, expertise expéditive, soupçon d’incendie volontaire brandi pour retarder le règlement…

Cet article fait le point sur vos droits, les pièges à éviter et les recours qui permettent d’obtenir une indemnisation incendie à la hauteur de votre préjudice.

I) Indemnisation incendie : les premières démarches qui protègent vos droits

Ce que vous faites, ou ne faites pas, dans les jours qui suivent le sinistre pèse lourdement sur le montant que vous percevrez.

– Déclarer le sinistre à votre assureur sous 5 jours ouvrés

L’article L.113-2 du Code des assurances vous impose de déclarer le sinistre dans le délai prévu au contrat, qui ne peut être inférieur à 5 jours ouvrés. Faites le par tout moyen laissant une trace : espace client, courriel, et idéalement lettre recommandée avec accusé de réception. Un dépassement de délai ne prive pas automatiquement d’indemnisation ; l’assureur doit démontrer que le retard lui a causé un préjudice, mais autant ne pas lui offrir cet argument.

– Constituer les preuves de votre préjudice

Photographiez tout, avant le moindre déblaiement : la structure, chaque pièce, les biens détruits. Rassemblez factures, photos de famille montrant l’ameublement, relevés bancaires attestant des achats. Dressez un inventaire détaillé, pièce par pièce. Dans les dossiers que nous traitons au cabinet, la différence entre une indemnisation correcte et une indemnisation plus faible tient très souvent à la qualité de cet inventaire initial. Conservez également les biens endommagés tant que l’expert ne les a pas examinés.

– Ne rien signer sous la pression

L’expert mandaté par l’assureur peut vous proposer rapidement un chiffrage et vous inviter à signer un procès-verbal ou une lettre d’acceptation. Prenez le temps de comprendre ce que vous signez : une acceptation pure et simple de l’offre peut vous fermer la porte à toute contestation ultérieure sur les postes qu’elle couvre. Rien ne vous oblige à accepter la première proposition.

II) Comment l’assureur calcule l’indemnisation d’un incendie ?

– L’expertise d’assurance : un expert choisi et rémunéré par l’assureur

Après la déclaration, l’assureur missionne un expert. Il faut être lucide sur sa position : cet expert est désigné et payé par la compagnie. Son rapport n’est pas nécessairement malhonnête, mais il applique les grilles de la compagnie et retient fréquemment des hypothèses basses : vétusté généreuse, surfaces minorées, biens mobiliers évalués forfaitairement.

– Vétusté, valeur à neuf, plafonds de garantie : lisez votre contrat

Le montant proposé dépend d’abord de votre contrat multirisque habitation. Trois notions sont déterminantes. La vétusté : abattement appliqué en fonction de l’âge du bâtiment ou des biens, qui peut amputer l’indemnité de 20 à 40 %. La garantie valeur à neuf, si vous l’avez souscrite : elle permet de récupérer tout ou partie de cette vétusté, mais généralement à condition de reconstruire ou de racheter, et dans un délai (souvent deux ans). Prenez connaissance de vos plafonds et franchises, poste par poste.

– Mobilier, relogement, pertes indirectes : les postes sous-évalués

Le bâti concentre l’attention, mais le mobilier, les frais de relogement, les honoraires de maîtrise d’œuvre pour la reconstruction, les frais de déblaiement et de gardiennage représentent souvent des sommes considérables. Ce sont précisément les postes que les premières offres minorent ou omettent. Soyez vigilants.

III) Refus d’indemnisation incendie : les motifs opposés par les assureurs

– Fausse déclaration et exclusions de garantie

Autre terrain classique : l’assureur invoque une fausse déclaration à la souscription (surface inexacte, dépendance non déclarée, activité professionnelle exercée au domicile) pour prononcer la nullité du contrat (article L.113-8 du code de assurances) ou réduire proportionnellement l’indemnité (article L.113-9 du code des assurances). La distinction entre les deux est capitale : la nullité suppose la mauvaise foi de l’assuré, que l’assureur doit établir. Ces arguments se contestent, et se contestent bien !

IV) Contester une offre insuffisante : contre-expertise et recours amiable

– L’expert d’assuré, un droit prévu par votre contrat

Vous n’êtes pas tenu d’accepter les conclusions de l’expert de la compagnie. Il est tout à fait possible que vous vous fassiez assister par votre propre expert lors de l’expertise menée par votre assureur.

Son intervention rééquilibre le rapport de force : les deux experts confrontent leurs chiffrages et leurs conclusions lors d’une expertise contradictoire.

– La mise en demeure par avocat un avocat immobilier

Lorsque l’assureur tarde, minore ou refuse, une mise en demeure circonstanciée, adressée par avocat, produit souvent un effet que les relances de l’assuré n’obtiennent pas. Elle fixe juridiquement le litige, fait courir les intérêts moratoires et démontre à la compagnie que le dossier sera porté devant le juge si elle ne révise pas sa position. Dans notre pratique, une proportion significative des dossiers se règle à ce stade, sans procès.

V) Saisir la justice pour obtenir votre indemnisation incendie en Gironde

– La prescription biennale : deux ans pour agir

Attention au piège le plus redoutable du droit des assurances : l’action de l’assuré contre son assureur se prescrit par deux ans à compter du sinistre (article L.114-1 du Code des assurances). Ce délai court même pendant les discussions amiables. Il peut être interrompu, notamment par lettre recommandée avec accusé de réception adressée à l’assureur ou par la désignation d’un expert à la suite du sinistre (article L.114-2 code des assurances), mais mieux vaut ne jamais jouer avec cette échéance.

– Quelle juridiction en Gironde ?

Le contentieux de l’indemnisation relève du tribunal judiciaire. L’assuré bénéficie d’une option de compétence favorable : l’article R.114-1 du Code des assurances lui permet de saisir le tribunal de son propre domicile. La représentation par avocat est obligatoire au-delà de 10 000 €, seuil presque toujours dépassé en matière d’incendie.

– Intérêts et résistance abusive : majorer l’indemnité

Devant le tribunal, l’indemnité d’assurance n’est pas le seul enjeu. S’y ajoutent les intérêts au taux légal, doublés en cas de condamnation non exécutée, et des dommages et intérêts pour résistance abusive lorsque la compagnie a refusé sa garantie de mauvaise foi ou fait durer le règlement sans motif sérieux.

VI) Avocat en indemnisation incendie à Bordeaux : pourquoi vous faire assister ?

L’expert d’assuré chiffre votre préjudice ; il ne plaide pas votre droit. Or les litiges d’incendie se gagnent autant sur le terrain juridique que sur le terrain du chiffrage : validité d’une clause d’exclusion, charge de la preuve du caractère volontaire, nullité ou réduction proportionnelle, interruption de la prescription, mobilisation de la garantie valeur à neuf. C’est le travail de l’avocat.

Avocat en droit immobilier à Bordeaux, j’interviens régulièrement dans les contentieux opposant des particuliers et des professionnels à leur assureur, devant les tribunaux judiciaires de Bordeaux et de Libourne comme au stade amiable. Chaque dossier commence par une analyse complète du contrat et du rapport d’expertise : c’est elle qui détermine la stratégie !

Vous êtes confronté à un refus d’indemnisation ou à une offre manifestement insuffisante après un incendie en Gironde ? Contactez le cabinet pour un premier échange sur votre dossier.

Dernière mise à jour le 27 juillet 2026 par evicoadmin

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Maître Martin PEYRONNET

Maître Martin PEYRONNET est avocat au Barreau de Bordeaux, en droit immobilier et droit de la construction. Il accompagne particuliers et professionnels dans leurs projets immobiliers et leurs litiges (VEFA, CCMI, vices cachés, diagnostics immobiliers).

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